Chambly un domaine loin des racines des de Florans

Chambly est une ville de l’Oise située à  40 kilomètres au nord de Paris et à 35 kilomètres de Beauvais. Elle se trouve dans la vallée d’un affluent de l’Oise, l’Esches, et est également traversée par un ruisseau, le Coisnon.

Au Moyen-Age, Chambly vivait d’agriculture mais aussi de la fabrication des hauberts (elle portait alors le nom d’Hauberger) cuirasses et autres cottes de mailles. C’était une forteresse, dirigée par les comtes de Beaumont, capable de résister aux rois: le roi Louis VI le Gros l’avait assiégé en vain en 1103. En 1248, Saint Louis, en visite dans la ville, fit le voeu d’y faire construire une église, si, sa mère Blanche de Castille, malade, guérissait.Elle guérit. C’est ainsi que fut fondée l’église Notre-Dame.                                                                                                                                                                                                                                                           Pendant la Guerre de Cent ans, le duc de Bourgogne s’installa à Chambly. Plus tard encore, Henri IV, par deux fois, y plaça son quartier général.                                 Au XVIII siècle un grand feu allumé pour célébrer la guérison de Louis XV détruisit de nombreuses habitations.                                                                                          Celle ville qui avait eu une grande importance militaire n’a gardé aucune trace de ses fortifications.                                                                                                             Au XIX siècle Chambly est une petite ville  de 1400 h. Au coeur d’une région céréalière elle ne comporte pas moins de sept moulins sur l’Esches produisant de la farine (moulin du Mesnil Saint-Martin) mais aussi de l’énergie utilisée pour la filature du coton, la fabrication de couteaux et instruments agricoles, la draperie…

 

 

Les de Florans à Chambly

Par son mariage en 1741, avec Marthe de Tissandier, apparentée par sa mère à la noble famille de Belloy de Morangles proche de Chambly, Joseph-Jean-André de Florans, originaire de Bédoin en Provence et officier au Royal-Artillerie, en garnison à Bouchain en Flandre se fixa à Chambly. De ce mariage naquirent cinq enfants dont l’ainé François-Henri (né en 1744) hérita par sa mère du fief de Notre-Dame à Chambly  qui comprenait une maison de maître rue de Gisors face au Grand Pont et des terres notamment aux Grands Prés des Pointes mais aussi à Ronquerolles, au Mesnil Saint-Denis, Persan, Belle-Eglise et Champagne. Il resta à Chambly jusqu’à sa mort le 30 juillet 1831. Sans enfant, son héritier fut son neveu François-Marie de Florans, fils d’André-Louis né à Chambly en 1749, guillotiné à Bédoin en mai 1794. Or ce neveu n’est autre que le mari de la Marquise Jacquette-Caroline de Florans née de Cordoüe personnage central du livre (voir livre). A sa mort en 1871, sa fille Cécile qui avait épousé le Comte Ernest d’Espiennes demeurant en Belgique à Scy (province de Namur) reçut en héritage le domaine de Chambly. Aujourd’hui ses héritiers ont fait don de leurs archives françaises aux Archives Départementales de l’Oise.

Bonjour madame,
Je suis heureux d'apprendre que la donation des archives Florans a des effets inattendus et enrichissants pour tous. Si vous m'envoyez votre adresse, je vous enverrai le livre que nous venons de publier sur notre domaine de Scy dont on a fêté le 250e anniversaire. Je pense que vous y trouverez en grande partie ce que vous nous demandez. Ce qui n'y est pas développé c'est l'histoire de Chambly dont les terres héritées ont été vendues par morceaux dans les années 1970 à 2000. Il nous reste encore un hectare invendable, dénommé ... l'Épine pouilleuse ! Quand nous avons trié les archives inexploitées de notre domaine pour le rédaction de ce livre, nous avons décidé de ne pas garder ce qui concernait la France et de les confier aux archives de l'Oise, n'imaginant pas qu'elles seraient si vite exploitées. Nous sommes bien sur impatient de recevoir votre livre car cette parenté française nous est bien lointaine. Et vous êtes bien sur la bienvenue si vous souhaitez découvrir les lieux où vécu Cécile de Florans même si son château n'existe plus.
Bàv

 

 

« La Maison Tissandier » aujourd’hui mairie, seule construction encore visible de cette famille de Florans-Tissandier à Chambly

Avant d’appartenir à la famille Griffé, la propriété, qui deviendra la nouvelle mairie, appartenait au XVIII siécle à Jeanne Louise de Belloy épouse de Jean-Baptiste Tissandier tous deux parents de Marthe épouse de Joseph-André de Florans

 

L’Eglise Notre-Dame fondée par Saint Louis en 1248 est toute proche de la Maison Tissandier. C’était l’église paroissiale ou furent baptisés : François-Henri de Florans le 02/08/1744 , Louis Paul 15/09/ 1747   François-Xavier le 14/07/1748,  André-Louis (père du Marquis) le 18/12/1749,Louis-Marthe-Adélaïde le 14/08/1753. C’est aussi là que fut célébrée la messe d’enterrement de François-Henri. le 30juillet 1831

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, derrière le maître-autel se trouvent encore les armoiries de la famille de Florans. (Ils avaient offert le maître-autel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les terres :

Dans la deuxième moitié du XIX siècle, Maître Grangé, notaire à Chambly, était responsable de la gestion des terres du Marquis de Florans.  Sur les sols limoneux, riches, on cultivait les céréales. Les zones moins fertiles étaient réservées aux prairies et à l’exploitation des bois.

De nos jours une grande partie des champs du Marquis s’est transformée en zone artisanale dans laquelle on retrouve toutefois les noms de l’époque : Les  Pointes, Les Grands Prés par exemple.

Les notaires avaient un rôle un peu différent d’aujourd’hui, ils administraient les biens comme ici Maitre Grangé

 

Transcription des pages 2 et 3

… (vous faire) connaitre le résultat de la location du pré des Pointes… J’en ai loué 14 lots de 25 ares en commençant par la pointe vers Chambly et en remontant vers le marais du Mesnil St Martin, les lots étant formés en travers aboutissant sur la rivière…                                                                                  Il me reste maintenant 7 lots de 25 ares… mais les locataires actuels n’ont pas été très heureux pendant leur bail, l’ombre des arbres du marais qui se profile sur cette partie et l’inondation pendant quelques crues des années du bail leur ont été bien préjudiciables … Cette défaveur m’a arrêté. J’ai pensé à faire une opération qui sera bien plus avantageuse… C’est de faire une nouvelle plantation de peupliers dans cette partie…

Aujourd’hui encore, on retrouve aussi les plantations de peupliers préconisées par Maître Grangé en 1864 :