Le Drame de Bédoin

Au pied du mont Ventoux, 

Bédoin village du Vaucluse

à 12 km  de Carpentras et 35 km d’Avignon, faisait partie du Comtat Venaissin limité par le Rhône, la Durance et le Ventoux. Il avait appartenu au Pape jusqu’en septembre 1791, date à laquelle il fut rattaché à la France après consultation des habitants.

Bédoin fut le berceau de la famille de Florans dont les titres de noblesse remontaient à 1549. Leur blason était :

La terre des de Florans à Bédoin était composée de trois domaines assez éloignés les uns des autres et d’une superficie de 70 ha environ.

Le domaine de Florans (31 ha) avec le château et des bâtiments de ferme.

Le domaine des Crottes (36 ha) avec de grands bâtiments de ferme.

Le petit domaine des Grasses (3 ha).

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Une page sombre de l’histoire de Bédoin…

Au moment de la Révolution, le village, de 2720 h, comprenait deux classes de population :d’une part des cultivateurs, artisans et marchands, d’autre part des bourgeois, des prêtres et des nobles catholiques.                                                                                                                                                                                                                                                                  Ces habitants, restés très attachés au Pape dont ils n’étaient séparés que depuis 1791, acceptaient mal les changements dus à la Révolution. Aussi Bédoin apparaissait-il comme un foyer royaliste et papiste ce qui lui valut le surnom de  « Vendée du   Midi                                                                                                                                                                                                                                                                               Trois familles nobles étaient à la tête de ce mouvement contre-révolutionnaire : Les Balbany de Vaubonne, les de Bélizy, et les de Florans

1794 : c’est « la Terreur »        les biens de 13 émigrés furent confisqués et quelques républicains s’emparèrent de la mairie.                                                               Dans la nuit du 12 au 13 floréal  an II (1 et 2 mai 1794), l’arbre de la liberté, planté deux ans auparavant par les révolutionnaires, fut déraciné et abandonné au pied des remparts dans «le pré aux porcs »… vrai sacrilège pour les républicains. Le bonnet phrygien qui le surmontait fut jeté dans un puits. Quant à l’affiche informant des décrets de la Convention, elle fut arrachée et trainée dans la boue. Des sanctions s’imposaient donc.  L’administration d’Orange et de Carpentras avisa alors un certain Maignet, représentant du gouvernement révolutionnaire, qui décida d’envoyer l’agent national Le Go avec l’armée commandée par Suchet, pour arrêter les membres de la municipalité pour n’avoir pas fait enfermer les ci-devant nobles de cette commune. Les militaires vivront chez les habitants, aux frais de la commune, jusqu’à ce que les coupables soient dénoncés. Ce fut l’occasion de perquisitions accompagnées de vols et de destructions diverses. Les conseillers municipaux, les nobles, les prêtres et autres notables furent arrêtés et parqués dans l’église. Mais personne ne dénonça les coupables. Furieux, Maignet menaça de détruire la commune et, le 20 floréal (9 mai), le tribunal criminel arriva à Bédoin, la guillotine aussi…                                                                                                                     Maignet cependant hésitait : les exécutions ne pouvaient avoir lieu qu’avec l’accord de la Convention à Paris. Par conséquent, compte tenu des délais de route, la réponse n’arriva que le 7 prairial (26 mai). Cela faisait trois longues semaines que la troupe était arrivée. Le 9 prairial (28 mai) le Tribunal s’installa en plein air sur la grande place (actuelle place des écoles) et, après avoir délibéré, rendit son jugement : 63 hommes sont condamnés à la peine de mort : en troisième place André-Louis-Florans-Molière et en quatrième place Cécile Claptiers son épouse. 35 furent guillotinés mais pour aller plus vite (l’odeur devenait insupportable), les 28 autres furent fusillés. Tous furent jetés dans une fosse commune sur la route de Flassans.  10 furent mis hors la loi, 2 condamnés  aux fers, 13 condamnés à la réclusion comme suspects. 1 paysan sans cocarde fut condamné à 1 an de prison. Pour finir, Maignet ordonna de faire disparaitre le village en l’incendiant. L’église, la mairie le château mais aussi des moulins à huile, des magasins de soie et 433 maisons furent en grande partie détruits. Le village fut interdit et le territoire de la commune réparti entre les communes voisines.

Un an plus tard (mai 1795) la Terreur est terminée ; Bédoin est réhabilité ; ses terres restituées. On dressa alors une colonne expiatoire surmontée d’une urne funéraire sur la place où avaient eu lieu les exécutions.

Cette colonne du souvenir est sur la place de Bédoin

La plaque sur la colonne

En 1866, les familles des victimes firent construire une chapelle à l’emplacement de la fosse commune :

Chapelle de Beccaras. 

De ce drame sanglant, il y eut un rescapé : un garçon de 3 ans 1/2, François-Marie de Florans, dont, on l’a vu, les parents avaient été guillotinés. Il fut élevé à Bédoin par un ami de la famille, Jean Jacques Martin qui fut témoin de son mariage avec Jacquette-Caroline de Cordoüe, future Marquise de Florans, en janvier 1820.

Un oncle par alliance Joseph-Jean-Pierre-Félix de Florans, qui avait émigré, fut amnistié en 1803, ce qui lui permit de récupérer le domaine et le château des Florans à Bédoin. Il désigna François-Marie comme héritier (voir document ci-joint).  Celui-ci entra en possession du domaine ancestral de Bédoin en 1823 à la mort de celui-ci

Hanté par les mauvais souvenirs du passé , le Marquis François-Marie de Florans ne venait pas souvent à Bédoin. C’est Florette dernière descendante, qui meurt sans laisser d’héritier qui en fait don à l’archevêque d’Aix.

Les terres des de Florans à Bédoin étaient composées de trois domaines assez éloignés les uns des autres et d’une superficie de 70 ha environ.                                                                                                                                                                                                                                                                               Le domaine de Florans (31 ha) avec le château et des bâtiments de ferme.                                                                                                                                                           Le domaine des Crottes (36 ha) avec de grands bâtiments de ferme.                                                                                                                                                                       Le petit domaine des Gnasses (3 ha).

La gestion de ces domaines fut confiée à des régisseurs qui de 1850 à 1934 se succédèrent dans la même famille les Clops dont il existe toujours sur place des descendants… Voici leurs deux arbres généalogiques

(C’est monsieur Jean Laverdet petit fils du dernier régisseur du Château qui nous a communiqué ces arbres généalogiques)

Le Château des de Florans a été reconstruit, après bien des changements de propriétaires

il est aujourd’hui un Village de Vacances   ,

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